LA DAME AUX CAMÉLIAS

Dumas fils appartient à cette race des Puccini et autres créateurs dits « faciles » ou « vulgaires » dont notre cœur ne peut s’empêcher d’applaudir la maestria qui nous soulève mais dont la raison nous intime l’ordre express de les mépriser pour excès de sentimentalisme.
Cependant la réalité est bien au cœur de la problématique.
Tout ce que nous raconte Dumas de la vie des femmes entretenues et plus généralement des femmes, est VRAI ! Au-delà (ou en deçà) du mélodrame, qu’entretiennent belle langue et ressorts dramatiques, Dumas fils ne fait que constater : « N’ayant pas l’âge où l’on invente, je me contente de raconter.», précise-t-il dès la cinquième ligne.
Et l’on sent bien que Marguerite rejoint le rang des martyres de la cause émancipatrice,
– réalité et fiction mêlées – : les Manon, Antigone, Rosa, Louise, Nora, Julie, Célimène, Angélique … la liste est longue ! D’autant « trop » longue qu’elle n’a pas de point final.
Les femmes entretenues ne le sont plus (de la même manière), mais le passé est là qui éclaire et appelle au principe de réalité à l’heure où nos élites se vautrent parfois, dans des draps trop douteux.
C’est là que la Singularité pourrait bien rejoindre l’Universel.